Girac Coli : Cathy Van Dorslaer, formatrice  en gestion positive des conflits, auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes à Profondeville (Namur) Belgique

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Le masque de Mario

Auteur : Cathy Van Dorslaer

 

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Mario vit dans un cirque. Son papa est le Monsieur Loyal du « Cirque des Etoiles ».


Tous les soirs, dans son beau costume noir, sous les projecteurs de toutes les couleurs, il est le chef d’orchestre d’une symphonie magique. De sa belle voix grave, il annonce le dompteur et ses lions, les clowns et leurs culbutes, le magicien et ses colombes, les funambules qui vous font bondir le cœur.


Tous les soirs, le chapiteau retentit de rires, de cris, d’applaudissements et, tous les soirs, Mario est fier de son papa.

Mais, quand le spectacle est terminé, quand les lumières se sont éteintes, quand le silence est retombé, Mario est triste, Mario est seul. Son papa n’a plus son beau costume, sa belle voix grave. Il n’y a plus de sourire, plus de magie. Le soir, quand le spectacle est terminé, le papa de Mario se bat avec les chiffres, les soucis, les ennuis : un lion malade, un camion en panne, la pluie qui ralentit le voyage, la toile du chapiteau à remplacer…


Quand Mario voudrait lui faire part de ses soucis, de ses ennuis à lui : son ami qui ne lui parle plus, les chiffres qui s’envolent dans sa tête et qui ne donnent pas les bonnes réponses, son vélo trop petit… quand Mario veut parler de lui, son papa fait : « Mmh… pas maintenant bonhomme. » Oui, Mario se sent triste et seul.

Cet après-midi-là, Mario s’est assis dans les gradins pour observer le clown Arthur qui répète son numéro. Arthur est le plus vieux clown du « Cirque des Etoiles ». C’est un clown fabuleux ! Fabuleux mais silencieux. En effet, tout au long de son numéro, Arthur ne prononce pas un mot, ne pousse pas un cri. Toutes ses histoires, il les fait vivre grâce à ses gestes, à la musique, mais surtout grâce à ses masques.


Avant d’être clown, Arthur a fait le tour du monde. Il a rapporté de ses voyages en Asie, en Afrique, en Amérique, des masques magnifiques.

Certains sont très colorés, plein de plumes et de perles. D’autres, d’une seule couleur, semblent inquiétants, mystérieux. La magie des masques d’Arthur ne vient pas de leur forme, elle vient des yeux et de la bouche qui y sont sculptés. Quand Arthur met son masque aux yeux ronds, recouverts de sourcils en accents circonflexes, les spectateurs attendent avec étonnement ce qui va suivre.

Quand Arthur met son masque aux yeux rouges et flamboyants, à la bouche qui s’ouvre sur l’enfer, les enfants poussent des cris de frayeur et se blotissent contre leurs parents.

Le public éclate de rire à la vue du masque aux joues rebondies, aux yeux brillants.

La tristesse est immédiate à la vue du masque blanc, où des larmes sont dessinées sous les yeux clairs, où la bouche fine et longue s’étire interminablement vers le bas.

Cela fait un moment maintenant que Mario regarde Arthur.


Et Arthur comprend, comme si le petit garçon avait lui aussi un masque, que quelque chose le tourmente.


Le vieux clown s’est approché de l’enfant, s’est assis tout contre lui et… Mario lui a tout raconté.


Ils ont parlé longtemps. Il faut rentrer à présent, le spectacle va commencer.
Mario quitte Arthur, un gros paquet sous le bras.

Le spectacle est terminé, les lumières se sont éteintes, le silence est retombé.


Monsieur Loyal regagne sa roulotte, fourbu. Demain, il faudra repartir. Demain, il faudra prévoir. Demain, il faudra commander.


Il monte lourdement les marches, ouvre la porte, tout à ses pensées, tout à ses ennuis.


Il pousse un cri ! Assis à la table, faiblement éclairé, un être le fixe. Un long visage blanc, aux yeux graves et tristes, avec des larmes qui perlent aux paupières. Des lèvres minces, qui semblent trembler, comme si un sanglot allait en jaillir.


Monsieur Loyal reste pétrifié. Puis, il reconnaît sous le masque les boucles brunes de Mario. « Mario ! mon bonhomme, tu m’as fait peur ! Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Mais Mario ne répond pas. Gardant son masque, il quitte la pièce.

Durant trois jours, Mario a gardé son masque, laissant son papa désemparé, parfois furieux.

Un matin, Monsieur Loyal qui a eu le temps de réfléchir, dit à Mario : « Mon bonhomme, j’ai compris ce que voulait dire ton masque. Tu es triste, tu as envie de pleurer et c’est à moi, et à moi seul que tu veux le faire comprendre. Tu as sans doute essayé avant mais je ne t’ai pas écouté. Je suis prêt à la faire maintenant. Alors, mon bonhomme, je t’en supplie, enlève ce masque qui me brise le cœur et dis-moi tout. Je ferais n’importe quoi pour retrouver des paillettes dans tes yeux. »

Mario a enlevé son masque et il a parlé, parlé, parlé. Au début, son visage n’était pas tellement différent que celui du masque, puis, petit à petit, parce que son papa écoutait ses petits soucis à lui, comprenait ses ennuis aussi, la couleur du bonheur a mis du rose à ses joues.

Mario ne se sent plus triste et seul. Bien sûr son papa a encore des soucis et des ennuis mais il prend dorénavant le temps d’écouter, de consoler, de rassurer son petit bonhomme.

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Cathy Van Dorslaer
Formatrice  en gestion positive des conflits, auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes

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